Travail de nuit : A contre-courant de nos rythmes biologiques 

Nous sommes faits pour vivre le jour, et pour dormir la nuit. Nous avons besoin de lumière le jour, et
d’obscurité la nuit. Ce sont des besoins physiologiques fondamentaux que méconnait le travail de nuit.


Des études nombreuses menées depuis une quinzaine d’années chez les infirmières et hôtesses de l’air,
laissent apparaître, que le risque de cancer du sein augmente chez celles qui sont astreintes au
travail de nuit. L’explication le plus souvent retenue fait le lien avec l’exposition à la lumière pendant le travail
de nuit et la suppression de la mélatonine.

Les hommes sont tout autant concernés par ce phénomène .D’autres études menées au Japon et au
Canada sur une population masculine travaillant en horaire décalé ont permis de mettre en évidence une
augmentation des risques de cancer du colon et de la prostate.

Comment expliquer ces phénomènes ?

 

La lumière a pour effet de provoquer l’arrêt de la sécrétion de mélatonine. C’est un effet bien connu. Le fait
de rester longtemps en milieu éclairé la nuit peut dérégler l’horloge biologique, interrompre la sécrétion de
mélatonine, puis entraîner la dérégulation d’autres hormones.

Des alertes ont été émises en ce sens par des organismes officiels.

- En décembre 2007, l’Agence Internationale pour la Recherche sur le Cancer - qui fait partie de
l’Organisation Mondiale de la Santé, a déclaré le travail de nuit, ’cause probable de cancer’.

- En janvier 2008, le Centre International de Recherche sur le Cancer a ajouté le travail de nuit posté 
à la liste des ‘agents probablement cancérogènes’ .


- En Mars 2009 l’American Medical Association a adopté une résolution appelant à lutter contre l’exposition
à la lumière la nuit : ‘L’exposition à la lumière la nuit est impliquée dans le dérèglement de l’horloge biologique

et est fortement suspectée d’être à l’origine d’une suppression de la mélatonine et d’un taux accru de
cancers ‘ (House of Delegates, résolution du 30/03/2009).

En savoir plus

     



L’exemple Danois


Parmi les femmes à risque accru de cancer figurent les infirmières de nuit et celles travaillant pour les compagnies
aériennes. Une revue de synthèse sur le risque de cancer du sein a été menée sur 13 études, dont 7 étaient
relatives à des hôtesses de l’air

 

En 2009, le Gouvernement Danois a ainsi décidé de verser une indemnité spéciale à une quarantaine de femmes,
(infirmières, hôtesses de l’air, etc.), ayant développé un cancer du sein après avoir longtemps travaillé de nuit.

Cette décision revient à reconnaître à ces maladies, un caractère de maladie professionnelle
, liée au travail de nuit. 

La décision du Gouvernement Danois a fait l’objet d’un reportage sur la BBC.

Voir un extrait du reportage.

 


 
Essai clinique des lunettes en travail de nuit

Une étude passionnante sur l’emploi de lunettes filtrantes par des travailleurs de nuit a été menée en 2008 par
le Laboratoire de Recherche sur le sommeil de l’Université de Toronto par les Drs Kayumov L, Hawa RJ,
Perelman B, Chung SA, Sokalsky S, et Shapiro CM.

En voici un bref résumé :

‘Un échantillon de travailleurs de nuit -11 jeunes hommes et femmes âgés de 24 à 30 ans – a été exposé durant le
travail de nuit, à :
- Un très faible éclairage de 8 lux
- Un éclairage puissant de 800 Lux
- Et à un éclairage puissant de 800 Lux, mais avec port de lunettes filtrantes identiques aux lunettes Bio Optik.

Durant le travail de nuit, les taux de mélatonine ont été mesurés dans des prélèvements de salive effectués à

intervalles réguliers d’une heure, entre 2 heures et 8 heures du matin.

 

- Sous une lumière de 800 lux, sans lunettes filtrantes, il a été observé durant le travail de nuit une réduction
drastique des taux de sécrétion de mélatonine, (ce qui est une assez réaction normale de l’organisme
exposé
à la lumière).

 

- A l’inverse sur l’intégralité des sujets de l’étude il a été observé, sous une lumière de 800 Lux avec port de
lunettes filtrantes,
des taux de sécrétion de mélatonine préservés,
identiques à ceux relevés sous la très faible
lumière de 8 lux.

 

De plus, la normalisation de la  production de mélatonine par le port de lunettes filtrantes, n’a pas affecté
les taux de performance ou de vigilance
mesurés pendant toute l’étude », c’est à dire pendant le travail de nuit.

 


Cette étude a donc clairement démontré que : 

1/ Le fait de porter de porter des lunettes filtrant la lumière bleue permet à la mélatonine d’être secrétée
normalement, même en milieu fortement éclairé la nuit.

2/ La performance et la vigilance des travailleurs de nuit n’étaient pas affectées.

 

Cette étude est  publiée dans le Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism

 



Adaptation au travail de nuit

Le Dr Marc Hebert, Professeur en ophtalmologie et chercheur au Centre de Recherche Université Laval à Quebec 
est un des grands spécialistes du Travail de nuit.

Il a réalisé de nombreuses expérimentations médicales portant sur l’utilisation de lunettes filtrant la lumière bleue
par les travailleurs de nuit, résumées dans cet interview donné en septembre 2006.
  
Voir L’interview


Les lunettes spéciales filtrant la lumière bleue ont également été testées en Amérique du Nord par différentes
autres équipes médicales. On peut citer notamment les travaux du Dr Sasseville et du Dr Casper.

Lire le compte rendu,  

Ces études concluent que les lunettes filtrant la lumière bleue constituent ‘un moyen efficace d’empêcher
la suppression de la mélatonine, induite par la lumière’.
 



 

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